Vous trouverez ci-dessous une synthèse de la dernière publication de notre équipe de chercheurs, réalisée par Mme Laurence Bodineau que nous remercions.

 

Desogestrel enhances ventilation in Ondine patients: Animal data involving serotoninergic systems Neuropharmacology. 2016 Apr 1;107:339‐350. doi: 10.1016/j.neuropharm.2016.03.041

LE DESOGESTREL AUGMENTE LA VENTILATION DE BASE CHEZ DES PATIENTES ONDINE. DES DONNEES OBTENUES CHEZ LA SOURIS SUGGERENT QUE LA SEROTONINE, UN NEUROTRANSMETTEUR, SOIT IMPLIQUEE DANS CET EFFET

F JOUBERT, A-S PERRIN-TERRIN, E VERKAEREN, P CARDOT, M-N FIAMMA, AFRUGIERE, I RIVALS, T SIMILOWSKI, C STRAUS, L BODINEAU UMR_S 1158 – Inserm/UPMC - Neurophysiologie Respiratoire Expérimentale et Clinique


CONTEXTE. Le syndrome d’Ondine est une maladie neurorespiratoire caractérisée par une hypoventilation rencontrée principalement pendant le sommeil. Cette hypoventilation est causée par une absence voire une diminution importante de la réponse respiratoire au CO2. Une observation fortuite a conduit à poser l’hypothèse que le désogestrel, un puissant progestatif utilisé dans le cadre de la contraception, pouvait induire une récupération de la réponse respiratoire au CO2 (Straus et al., 2010). L’effet du désogestrel sur la ventilation de base n’avait jusqu’à présent pas été décrit.


OBJECTIF. L’objectif de cette étude était de déterminer si le désogestrel renforce la ventilation de base chez des patients Ondine et, le cas échéant, d’utiliser des techniques de pharmacologie et d’histologie chez la souris pour déterminer les mécanismes sous-jacents à l’action du progestatif.


PRINCIPAUX RESULTATS. L’analyse rétrospective de la ventilation des deux patientes Ondine pour lesquelles il a été mis en évidence une réponse respiratoire au CO2 sous désogestrel (Straus et al., 2010) a mis en évidence que le contraceptif augmentait leur fréquence respiratoire de base ce qui conduisait à une diminution de leur taux de CO2 expiré. Chez la souris, une augmentation de la
fréquence respiratoire a également été observée. L’utilisation de préparations ex vivo de systèmenerveux central a permis de mettre en évidence que le principe actif du désogestrel, l’étonogestrel, induisait une augmentation de la fréquence respiratoire de base par une action impliquant des neurones du bulbe rachidien libérant de la sérotonine, un neurotransmetteur du cerveau. Sur ces préparations, l’augmentation de la fréquence respiratoire n’était pas observée lorsque l’action de la sérotonine était bloquée.


CONCLUSION. Ces observations suggèrent donc que le désogestrel améliore la ventilation de base de patients Ondine par un effet stimulant sur la fréquence respiratoire. Les données observées chez la souris qui suggèrent l’implication de neurones bulbaires libérant de la sérotonine, permettent d’envisager de tester si la ventilation de base de patients Ondine est renforcée lorsque le désogestrel est associé à des agents pharmacologiques mimant ou renforçant l’action de la sérotonine.