Intervenant Jeanne Amiel
 
Le syndrome d’Ondine est une maladie génétique Mendélienne rare qui se transmet sur un mode autosomique dominant et dont le cas index porte, dans la très grande majorité des cas, une néomutation du gène PHOX2B. Une particularité est que la fréquence des mosaïques somatiques chez un parent est élevée.

Dans le cas du syndrome d’Ondine, le premier individu atteint dans une famille porte une mutation nouvelle (qui n’est portée par aucun de ses parents) dans 90% des cas environ. Dans 10% des cas (ce qui est particulièrement élevé) un des parents porte la mutation dans une fraction de ses cellules. Ce parent a un risque élevé de transmettre la même mutation a un prochain enfant (puisqu’il la porte dans une fraction de ses cellules de la reproduction ; les ovocytes pour les femmes et les spermatozoïdes pour les hommes). On peut dans la grande majorité des cas déceler cette mosaïque dans des cellules sanguines du parent. Par contre, on ne peut jamais écarter la possibilité que cette mosaïque soit limitée aux cellules de la reproduction et non décelable dans le sang.

Diagrame genetique ondine

 

 

Ainsi, un sujet atteint du syndrome d’Ondine (maladie autosomique dominante) a 50% de risque de la transmettre à chacun de ses enfants (il transmettra au hasard le chromosome qui porte la copie anormale du gène ou celui qui porte la copie normale du gène). Un couple dont aucun des parents n’est atteint de la maladie et qui a un enfant atteint à un risque variable d’avoir un 2ème enfant atteint. Si une des parents porte la mutation décelable dans une fraction des cellules de son sang (mosaïque somatique), le risque est élevé.

Ainsi, tous les parents d’un enfant atteint d’un syndrome d’Ondine confirmé par l’identification d’une mutation du gène PHOX2B doivent bénéficier d’une recherche de la mutation car, même s’ils ne présentent aucun signe de la maladie, ils peuvent être porteurs de la mutation dans une fraction des cellules de leur organisme et décelable dans le sang. Si une mosaïque est décelée dans le sang, le risque de récidive est élevé et au maximum de 50%.

Ce risque dépend du pourcentage de cellules de la reproduction qui porte la mutation. Il est au maximum de 50% si toutes les cellules de la reproduction portent la mutation sur une des 2 copies du gène. Si aucun des parents ne porte la mutation décelable dans une fraction des cellules de son sang, le risque est faible et évalué à 1% (risque de mosaïque limitée aux cellules de la reproduction et non décelable dans le sang).

Si tel n’est pas le cas (90% des cas) le risque de récidive est faible mais n’est pas nul et est évalué à 1%.

Pour conclure, tous les parents d’un enfant atteint de syndrome d’Ondine et tous les adolescents et adultes atteints devraient bénéficier d’une consultation de conseil génétique afin que toutes ces informations leurs soient délivrées, que leur risque propre soit évalué et que toutes les possibilités de choix vis-à-vis de ce risque leur soit personnellement expliquées.

 

Les mots les plus importants utilisés dans le texte qui précède sont expliqués ci-après :

  • Une maladie génétique: maladie dont l’origine est génétique et portée par un (ou plusieurs) gène(s). Le gène code pour une information nécessaire pour le développement et/ou le maintien d’une fonction. Notre patrimoine génétique est constitué d’environ 20 000 gènes répartis sur 23 paires de chromosomes présents dans le noyau de toutes nos cellules. Parmi ces 23 paires, une paire détermine notre sexe (chromosomes sexuels aussi appelés gonosomes). Les femmes ont 2 chromosomes X, les hommes 1 chromosome X et 1 chromosome Y. Les 22 autres paires sont appelées des autosomes (chromosomes 1 à 22).
  • Mendélienne: maladie génétique due à une anomalie dans un seul gène.
  • Rare : dont la fréquence est inférieure à 1 individu atteint sur 2500.
  • Transmission : voir plus bas
  • Autosomique : qui implique un gène localisé sur un chromosome non sexuel (1 à 22). Une maladie autosomique va donc toucher les hommes comme les femmes ; elle est indépendante du sexe puisque le gène responsable n’est pas localisé sur un chromosome sexuel.
  • Dominante : maladie génétique qui s’exprime (c'est-à-dire que le patient présente des signes de la maladie) quand une des 2 copies du gène ne fonctionne pas car elle porte une mutation qui modifie le sens de l’information du gène. En effet, puisque les gènes sont portés par les chromosomes et que les chromosomes vont par paires, nous portons toutes ces informations génétiques (les gènes) en 2 copies. Une est héritée (transmise, reçue) du père et une de la mère. Pour information, une maladie récessive ne s’exprime que quand les 2 copies du gène sont anormales. Chaque parent est porteur d’une copie anormale du gène et n’exprime aucun signe car une des 2 copies du gène suffit pour délivrer l’information.
  • Cas index : premier individu dans une famille qui soit atteint de la maladie.
  • Neomutation : mutation nouvelle, portée par le sujet atteint de la maladie et qui n’est transmise ni par le père ni par la mère. Comment survient une mutation nouvelle ? Avant de transmettre ses chromosomes (chaque parent transmet la moitié de ses chromosomes, un de chaque paire) il faut les « recopier ». Aucun recopiage n’est « parfait » et une (ou plusieurs) variation (qui peut être une mutation responsable d’une maladie ou n’avoir aucune conséquence sur la santé de l’individu) survient. Ainsi le nouveau né porte une mutation survenue de façon nouvelle responsable de la maladie.
  • Mosaïque somatique : quand un individu porte une mutation dans une fraction des cellules qui constituent son organisme. La mutation est survenue après la conception dans une cellule de l’organisme à un temps variable du développement. Elle sera ensuite transmise à toutes les cellules filles (descendantes) de cette cellule. La mutation peut alors être responsable de signes de la maladie ou rester silencieuse si elle est présente dans les cellules qui jouent un rôle dans la maladie ou non (en effet, tous nos gènes ne s’expriment pas dans toutes nos cellules, seuls les gènes nécessaires vont être exprimés pour donner l’information, les autres seront silencieux (non exprimés). Une cellule du foie est une cellule de la peau n’ont pas besoin des mêmes informations pour fonctionner correctement et elles n’exprimeront que les gènes qui leurs sont nécessaire
    .