Dr Jeanne Amiel – INSERM U-781 – Hôpital Necker – Enfants Malades 149, rue de Sèvres – 75743 Paris cedex 15 – France

Les formes retardées de syndrome d’Ondine représentent un groupe hétérogène sur le plan clinique et génétique. Les premiers cas de syndrome d’Ondine décrits sont « acquis » et d’origine traumatique, vasculaire, tumorale ou infectieuse (Severinghaus and Mitchell, 1962). La majorité des formes idiopathiques et retardées d’HVAC sont isolées. Une mutation de PHOX2B n’est identifiée que dans la moitié des cas environ. Dans notre série de 15 cas de forme retardée d’HVAC avec mutation de PHOX2B aucun n’a développé de TSNS (Trochet et al., 2008). Certains patients atteints de forme retardée d’HVAC développent également un syndrome hypothalamique qui précède les troubles ventilatoires. Ce syndrome est rare et toujours sporadique (Katz et al., 2000) (Ize-Ludlow et al., 2007). Aucune mutation de PHOX2B n’a été identifiée dans ce groupe de patients. La description précise du phénotype de ces patients nous a paru indispensable pour orienter l’étude de gènes candidats et nous avons collecté une série de 13 patients (de Pontual et al., 2008). La présentation clinique de ces patients est stéréotypée. Le premier symptôme est une obésité très rapidement progressive qui apparaît entre 6 mois et 7 ans, suivi de troubles du bilan hydrosodé, d’anomalies endocriniennes, d’une hypoventilation centrale nécessitant une ventilation mécanique et d’une dégradation des fonctions cognitives. Il existe une prédisposition tumorale très forte chez ces patients puisque près de la moitié d’entre eux (5/13) développent un neuroblastome. L’hypothèse d’une origine paranéoplasique a été posée (Ouvrier et al., 1995) et l’hypothèse d’une maladie auto-immune est également possible. Ceci n’exclut pas le rôle de facteur(s) génétique(s) dans ce syndrome sur les arguments i) de la description d’une forme familiale avec récidive dans la fratrie dans notre série, ii) de l’association d’autres signes de dysfonctionnement du SNA chez ces patients et iii) et de l’existence de modèles animaux monogéniques de dysfonctionnement hypothalamique associé à une hypoventilation. L’étude de gènes candidats pour ce syndrome est en cours. Nous avons dors et déjà exclu les gènes PHOX2B, ASCL1 et NECDIN par séquençage direct de la séquence codante chez 9 patients.

L’AFSOndine a alloué 5 000€ à ce projet en 2009.