Assistance respiratoire – de l’innovation dans l’air



C’est l’histoire d’une invention imaginée pour 100 patients atteints d’une maladie respiratoire très rare, le syndrome d’ondine, qui pourrait aider 40 000 malades et leur entourage… Elle commence dans le service Pneumologie et réanimation médicale dirigé par Thomas Similowski à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière. Cette histoire est celle du projet BRASSARD (Bracelet de report d’alarme pour la sécurisation de l’assistance respiratoire à domicile) construit avec l’association nationale pour les traitements à domicile, l’innovation et la recherche (Antadir), l’association française du syndrome d’ondine (AFSO) et la fondation de proximologie de Novartis.

Qu’est-ce que le syndrome d’ondine ?

Thomas Similowski : Le syndrome d’ondine est une maladie génétique très rare qui entraîne l’absence de respiration chez les

patients pendant qu’ils dorment. Cette pathologie oblige à s’équiper d’une machine d’assistance ventilatoire qui aide à respirer pendant le sommeil. En cas de défaillance de la machine, il faut absolument réveiller les patients pour qu’ils se remettent à respirer. L’alarme de l’appareil qui se déclenche dans ces cas n’est pas suffisante car les malades dorment trop profondément et sont habitués au bruit ambiant. C’est donc à l’entourage que revient le rôle de les réveiller.

Quelle est l’origine du projet BRASSARD ?

T. S. : Un besoin a été formulé par de nombreux parents inquiets que leurs enfants, devenus jeunes adultes, quittent le domicile familial et s’installent seuls. Qui pourrait alors les réveiller en cas de problème ? Nous avons pensé à remplacer l’alarme par un système vibrant. L’idée était bonne, mais aucun industriel n’accepterait d’investir pour fabriquer un objet pour 100 patients atteints du syndrome d’ondine en France ! Nous avons donc élargi le projet aux 40 000 personnes utilisant un appareil de ventilation chez eux. Une grande partie d’entre eux souffre d’une maladie neurologique réduisant leur autonomie, qui nécessite une aide à domicile. Dans ces cas, les « aidants » doivent en permanence rester à porté d’oreille d’une éventuelle alarme de la machine. Avec un système vibrant actionné à distance, ces personnes gagneraient beaucoup en qualité de vie.

Comment fonctionne le prototype qui a été développé ?

T. S. : C’est un dispositif qui, lorsqu’il reconnaît spécifiquement l’alarme de l’appareil de ventilation, envoie un signal sans fil à un bracelet qui se met à vibrer. Ce système est innovant car intelligent : il est capable d’apprendre le son de tel ou tel modèle de machine, et ceci à volonté. Par ailleurs, il pourrait déclencher un tout autre effet s’il était paramétré différemment. Au lieu d’entraîner la vibration du bracelet, il pourrait par exemple lancer l’envoi d’un SMS ou l’appel du SAMU. Les applications sont multiples.

Bientôt la commercialisation ?

T. S. : Un brevet a été déposé grâce à l’aide de la cellule de valorisation de l’UPMC. Le prototype réalisé par le Centre de robotique intégrée d’Île-de-France vient d’être présenté aux patients de l’association française du syndrome d’ondine. Nous cherchons maintenant une entreprise qui pourra rendre le produit industrialisable. Les étapes se sont enchaînées rapidement et nous souhaitons que cette dynamique se poursuive !

Print Friendly, PDF & Email